De prime abord, scruté de notre terre, l'espace n'est autre qu'une surface obscure constellée de points plus ou moins nombreux et variablement étincelants. Seul l'éclairage de conditions particulières, amenées par un lieu de contemplation privilégié; un appareillage adéquat; ou une connaissance approfondie du sujet, permet au spectateur d'appréhender les profondeurs et la complexité de l'immensité qui nous entoure.

L'oeuvre de Rachel Flausch procède du même phénomène. En effet, à l'analyse, ses muets assemblages fantaisistes (la fantaisie étant l'apanage des esprits libres), se révèlent bien plus parlants qu'il n'y paraît.

D'abord, dans la juxtaposition des matériaux, l'observateur attentif appréciera les fondements du monde physique. Ici se mèlent, à divers stades de leur évolution les quatre règnes: le minéral, le métal, le végétal et l'animal. Pour exemple, du quartz, du jade de la turquoise, du cuivre, de l'argent, des tiges, des perles de bois, de petits coquillages, des plumes, de petits pans de fourrure, sarabandent en un charmant chaos.

Ces pacifiques collusions s'accompagnent d'une mixité de styles, issue d'une imagination sans contrainte et d'une curiosité avide, qui permet à l'extraordinaire de célébrer le banal,au distingué de côtoyer le grossier, au sacré de s'acoquiner avec le profane. De façon contemporaine, nonchalante et attentive, la créatrice ne réinvente pas les styles, elle sépare et rassemble, mélange, ramène à l'essence et célèbre une certaine humanité.

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